Patrimonio cultural

Sarlat et le Périgord, terre occitane :

Pour parler de culture, il est important d'insister sur la force de l'expression orale en Périgord. C'est la langue d'oc, plus simplement pour les paysans, le patois. Il est l'expression de nos racines. Pourtant l'Etat français l'a touché de plein fouet en plaçant dans les écoles des instituteurs qui ont contribué à le faire reculer. On peut aussi ajouter le fait du modernisme.

Heureusement aujourd'hui, il existe des défenseurs acharnés, efficaces de la langue d'oc. Ainsi, France Bleu Périgord propose chaque semaine un magazine en langue d'oc. La langue d'oc parlée dans le Sud du Périgord est le languedocien.

Les langues d'oc (provençal, nissart, vivarois, auvergnat, languedocien, gascon et limousin), bien qu'elles soient souvent confondues sous le terme générique "Occitan", sont en réalité des langues autonomes issues du latin populaire qui ont chacune suivi leur propre voie de développement.

Côté traditions, la Félibrée est le rendez-vous annuel de la culture occitane en Périgord. Ce rituel, hérité des troubadours qui chantèrent jadis la langue d'oc dans toutes les cours d'Europe, est la journée de la langue d'oc et des félibres, de la terre, des coutumes et de la tradition périgordes. Elle se déroule le 1er dimanche de Juillet, chaque année dans une ville différente du Périgord.

Très colorée de guirlandes, de fleurs, avec les groupes costumés, accordéons, vielles, chabrettes et danses. Remise des clefs de la ville, messe en langue d'oc, taulada à midi (banquet), cour d'amour l'après-midi et tous les artisans qui travaillent à l'ancienne.

Cette manifestation culturelle attire non seulement les amoureux du terroir qui cherchent à sauvegarder un passé riche et varié, mais encore de nombreux touristes. Institutionnalisée depuis 1903 et propre au Périgord (ainsi qu'à d'autres régions comme la Provence), celle-ci attire en moyenne de 20 à 40 000 personnes.

Chaque année, le Bournat du Périgord (fondé en 1901) choisit la ville d'accueil. Sarlat accueillit la Félibrée en 1994. La dernière Félibrée célébrée en Périgord Noir fut celle de Montignac Lascaux en en 2010.

 

La tradition de l'Arbre de Mai : l'exemple du Mai apparaît comme le maintien a travers les siècles du culte primitif rendu à l'arbre sacré. Malgré les capitulaires de Charlemagne exigeant que cesse le culte des arbres et l'Église qui tenta d'interdire les cérémonies païennes, l'arbre du 1er mai et ses coutumes ont survécu jusqu'à nos jours.

La journée du 1er mai était autrefois un moment charnière dans l'année paysanne, la célébration du printemps perpétuait la pratique de la plantation du ''Mai'' (arbre symbole de jeunesse et de fécondité lié au culte antique de la Déesse Nature (Maïa chez Les grecs et les romains)).

L'ensemble des jeunes gens coupait et transportait un arbre enrubanné pour le planter sur la place du village. Devant chaque maison de jeune fille à marier s'élevaient aussi des "Mais d'Amour".

De manière générale à chaque moment important de la vie familiale ou villageoise, un arbre, ou une modeste branche plus ou moins richement décoré était planté, souvent en faveur des jeunes époux.

De nos jours, dans le Sud-ouest et surtout en Périgord, les Mais qui subsistent sont ceux dressés pour honorer le nouvel élu local, le patron ou pour orner le faîtage des maisons nouvellement bâties, au moment de la fin des travaux.

Ces arbres entiers, souvent des sapinettes, sont ébranchés pour ne laisser qu'un toupet de feuilles au sommet. Le tronc à mi-hauteur est dressé de rubans symboles de purification, de couronnes symboles de victoire, recouvertes de papier crépon, de drapeaux plus ou moins nombreux et d'une pancarte portant l'inscription "Honneur à notre élu", "A notre maire", "A notre patron", etc. Chaque plantation de Mai est le début de réjouissantes libations.

Comme on l'a écrit, le paysan vit dans l'obscurantisme, la crainte, le mystère. Georges Julien, alias Georges Rocal, 50 ans curé de campagne en Périgord, soulève la responsabilité de l'Eglise à propos de ces coutumes et il pose la question "est-ce l'influence de l'Eglise qui les maintient ou qui tend à les épurer ?" A Sarlat, il existait des confréries de Pénitents bleus et de Pénitents blancs.

Les marchés, les foires, les fêtes votives qui sont les fêtes de la paroisse, celle du Saint Patron que l'on appelle aussi la frairie. Le plus petit village a eu très longtemps cette fête inscrite sur son calendrier, qui était d'importance pour toute sa population.

Les noces à la campagne avaient souvent lieu autour de Mardi-Gras qui étaient en général le moment où l'on honorait "Lou Moussur" (monsieur), le cochon ! Et on faisait Carnaval ...

Les fêtes de la Saint-Jean où l'on appose sur la porte de la maison et des étables des croix de fleur de Saint Jean pour conjurer les mauvais sorts, éloigner la maladie La " Gerbebaude" qui est la fête des moissons lorsqu'elles sont terminées et rentrées. Beaucoup de symboles se rapportent à l'alimentation : la mique représente le pain du pauvre.

Celui qui n'est jamais passé à l'improviste dans une famille de paysans devant une mique ne peut pas comprendre le sens de ce plat. C'est la fête de la convivialité et du partage.

Retenons aussi le symbole du "farci". Il s'agit d'une farce préparée selon la sensibilité, souvent composée de restes qui accompagne une viande. Mais c'est aussi le moyen de faire valoir dans une famille celui qui gagne le pain, qui fait vivre la maisonnée.

En quelque sorte, celui qui "coupe le farci" est celui qui commande. "Porter un tourin" une soupe, avec tout ce que cela représente est aussi le moyen d'honorer des personnes et de se retrouver pour banqueter.

A Sarlat, on retiendra la fête de la Ringueta (ancien jeu de marelle) qui a lieu à Pentecôte chaque année paire, soit tous les 2 ans. C'est l'expression de jeu populaire authentique : rampeau, tir à la corde, mas de cocagne, lèche poêle, course aux œufs, etc ...

D'usage, la fête est accompagnée d'un banquet qui comprend au moins la soupe taillée au pain pour faire chabrol (action de mettre du vin avec le bouillon chaud resté dans l'assiette pour le boire... religieusement !), des grillons d'oie, l'enchaud (porc confit dans sa graisse), haricots à l'huile de noix et les gâteaux aux noix.